Attaques sandwich : comment éviter de vous faire piéger

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Patrick Dike-Ndulue
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Il n’y a pas si longtemps, DOGE, SHIB, ELON, FLOKI et d’autres tokens comme PEPE faisaient sourire. Aujourd’hui, ce même DOGE est propulsé par Elon Musk, la capitalisation du coin dépasse 10 milliards USD, et son créateur affirme que 95 % des projets crypto sont « des arnaques ou des déchets ».

Les crypto-actifs à faible liquidité sont soudain devenus très populaires. Trop, diront certains. Beaucoup de personnes se sont ruées sur ces « coins fun », mais si vous décidez d’investir une somme importante dans ce type d’actif après le prochain tweet de Musk, veillez à ne pas dépenser plus que prévu. Le prix du token peut bondir au moment même de votre achat. Pourquoi ? À cause des attaques sandwich.

Le principe de base

Quand on essaie d’anticiper la foule et d’acheter de la crypto avant que son prix ne grimpe (après la dernière recommandation d’une célébrité sur Twitter, par exemple), on oublie souvent la notion de « slippage ». Il s’agit de la différence entre le prix attendu par l’acheteur et la valeur réelle de l’actif, qui peut varier selon les fluctuations du marché au moment de l’exécution de la transaction.

Prenons un exemple. Vous souhaitez acheter quelque chose pour 100 USD et vous passez un ordre d’achat sur une plateforme. Entre le moment où vous placez l’ordre et celui où il est exécuté, le marché évolue et la valeur de l’actif augmente (ou baisse) de 1 %. Selon la direction prise par le marché, vous paierez donc 1 USD de plus ou de moins.

Si vous tenez absolument à acquérir cet « objet » et que vous acceptez de perdre un peu en espérant que la hausse future de l’actif compensera cette perte, cette approche se défend. Si le prix était fixé de façon stricte et que la valeur du coin augmentait légèrement avant l’exécution de l’ordre, vous n’auriez pas obtenu l’actif voulu.

Et les sandwiches alors ?

Qu’est-ce qui provoque ces pics de marché ? Regardons un autre exemple. Pierre, un trader, décide d’acheter (ou d’échanger) une grande quantité de coins sur une DEX (échange décentralisé), espérant que le prix grimpera rapidement (peut-être après un nouveau tweet d’Elon Musk). Il est convaincu de devoir acheter coûte que coûte, et l’appât du gain l’emporte sur la prudence. Pierre règle la tolérance au slippage à 50 % du prix, en pensant que le marché ne bougera pas autant en si peu de temps. D’ordinaire, il a raison, mais cette fois, c’est différent.

Un autre trader, Paul, joue contre Pierre. Il dispose d’un bot qui surveille les transactions non confirmées dans les blocs du mempool et repère les gros achats de crypto-actifs volatils (ces fameux meme coins) avec une tolérance au slippage élevée. Dès que le bot détecte une transaction importante susceptible de faire grimper le prix d’un actif, il passe un ordre en proposant une commission assez élevée pour que la transaction soit traitée AVANT celle de Pierre.

Voici ce qui se passe ensuite. Pierre voulait acheter un actif à 1 USD, mais le bot de Paul a passé un ordre juste avant lui. Le marché grimpe brusquement et, à cause de la large tolérance au slippage de Pierre, son ordre est exécuté à 1,3 USD. Juste après, le bot revend l’actif acheté à 1 USD au nouveau prix de 1,3 USD. Le mal est fait.

Est-ce légal ?

Si l’on parlait de titres financiers classiques, la réponse serait « non ». Cette pratique s’apparenterait à l’utilisation d’informations privilégiées, ce qui est interdit presque partout. Mais dans la DeFi, c’est différent. Le principe fondamental des cryptomonnaies est la transparence, il est donc difficile de reprocher à Paul de profiter de données accessibles à tous. Légal ? Oui. Éthique ? Pas vraiment.

À quelle fréquence cela arrive-t-il ?

Bien plus souvent qu’on ne le pense. Voici un exemple récent : un trader sur Uniswap utilisant le wallet Ethereum jaredfromsubway.eth a gagné plus de 4 millions USD en une seule journée grâce à des « sandwiches », tout en dépensant plus d’un million de dollars en frais de réseau sur la même période.

Cette activité évoluant dans une zone grise législative, les plateformes ne se pressent pas d’introduire des mécanismes pour protéger les utilisateurs des attaques sandwich (sans oublier leurs propres profits). Malgré cela, quelques avancées existent. 1inch, qui permet l’échange de cryptomonnaies dans Tangem Wallet, a lancé la fonction RabbitHole pour des swaps sécurisés. RabbitHole permet d’envoyer des transactions à risque directement aux validateurs, en contournant le mempool et en éliminant le risque d’attaque par des bots sandwich.

Comment se protéger ?

Oui, il existe des solutions. Si vous investissez dans des crypto-actifs à faible liquidité, surveillez le slippage, et si vous souhaitez acheter en grande quantité, prenez le temps de fractionner votre transaction en plusieurs petites opérations. Certes, c’est moins rentable, mais bien plus sûr.

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Auteur Patrick Dike-Ndulue

Senior editor covering crypto, onchain equities, and technology.

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Examiné par Rukkayah Jigam

Writer & editor covering digital assets and product updates.