Panorama des forks de Bitcoin
Cet article est disponible dans les langues suivantes :
- Qu’est-ce qu’un fork de bitcoin et à quoi sert-il ?
- Hard forks et soft forks de Bitcoin : quelle différence ?
- Les principaux hard forks de Bitcoin
- Bitcoin Cash (BCH)
- Bitcoin Gold (BTG)
- Bitcoin Diamond (BCD)
- Autres forks de Bitcoin
- Les soft forks les plus populaires de Bitcoin
- Segwit (Segregated Witness)
- Idée reçue : ce qui n’est pas un fork de Bitcoin
Bitcoin est le premier projet blockchain financier, un système de paiement pair-à-pair décentralisé avec une crypto du même nom. Malgré sa technologie avancée, certains problèmes ont été identifiés par la suite : faible scalabilité, performance limitée, frais de commission élevés, etc.
Pour améliorer ces aspects, des forks sont créés : il s’agit de modifications du code logiciel de la blockchain visant à optimiser le réseau, et souvent à émettre de nouvelles cryptomonnaies.
Qu’est-ce qu’un fork de bitcoin et à quoi sert-il ?
Un fork correspond à une modification du code fondamental de la blockchain, comme un changement des règles des algorithmes du protocole existant.
Les raisons principales de créer un fork :
- Remise à zéro de la chaîne. Les chaînes de toute cryptomonnaie sur n’importe quelle blockchain augmentent constamment en taille au fil des données stockées. Un fork permet de créer un réseau plus rapide, car les transactions sont comptabilisées à partir du moment de la création du fork.
- Amélioration du réseau. Les développeurs peuvent augmenter la taille des blocs, modifier les algorithmes de hachage et d’autres paramètres pour accélérer le réseau et renforcer la sécurité et la décentralisation de la blockchain.
Les forks de Bitcoin peuvent également survenir à la suite de désaccords majeurs au sein de la communauté sur le fonctionnement de la blockchain. Un fork apparaît lorsqu’une partie de la communauté souhaite modifier la blockchain et que d’autres s’y opposent. Sans consensus, la blockchain se divise, créant deux réseaux indépendants.
Hard forks et soft forks de Bitcoin : quelle différence ?
Les forks peuvent être planifiés ou spontanés, et se divisent en hard forks et soft forks.
- Un hard fork consiste à séparer la chaîne de blocs, ce qui laisse le BTC d’origine et crée une nouvelle cryptomonnaie. Par exemple, BCH (Bitcoin Cash). Bitcoin et Bitcoin Cash diffèrent sur de nombreux points : équipes de développement, feuille de route, caractéristiques techniques.
- Un soft fork n’implique pas de changement radical du code ni de création d’une nouvelle crypto. Il vise à modifier ou améliorer des fonctionnalités existantes.
Au sein de la communauté Bitcoin, les hard forks sont assez courants, principalement parce qu’ils permettent d’obtenir gratuitement de nouveaux tokens.
Les principaux hard forks de Bitcoin
Depuis la création du premier bloc Bitcoin en 2009, le réseau a connu de nombreux forks, donnant naissance à une dizaine de nouvelles cryptos et à plus d’une centaine de projets alternatifs. Pourtant, seuls quelques-uns possèdent une véritable valeur.
Bitcoin Cash (BCH)
Il s’agit de l’un des forks les plus connus de Bitcoin. Il est apparu le 1er août 2017, à la suite de débats dans la communauté : certains soutenaient la mise en place du protocole SegWit2x et l’augmentation de la taille des blocs à 2 Mo, d’autres s’y opposaient. Une partie de la communauté a choisi de ne pas modifier les algorithmes, mais d’augmenter la taille des blocs à 8 Mo pour résoudre les problèmes de scalabilité de BTC, qui ne peut traiter plus de 7 transactions/seconde.
En plus du débit (61 transactions/seconde) sur Bitcoin Cash, les frais de réseau ont été nettement réduits.
Après la scission, les détenteurs de BTC souhaitant migrer vers la nouvelle blockchain ont reçu des montants en BCH équivalents à leurs avoirs en BTC sur leurs comptes.
Le fork de ce fork a donné naissance en novembre 2018 à Bitcoin Satoshi Vision (BSV).
Bitcoin Gold (BTG)
Un autre fork populaire de Bitcoin a été créé en octobre 2017, donnant naissance à Bitcoin Gold (BTG). L’objectif était d’accentuer la décentralisation, car à l’époque, la majorité des nœuds étaient contrôlés par d’énormes pools de minage en Chine.
Pour cela, l’algorithme de minage a été modifié afin que non seulement les propriétaires d’ASIC (matériel spécialisé) puissent participer, mais aussi les détenteurs de GPU classiques (cartes graphiques).
En 2018 et 2020, Bitcoin Gold a subi une attaque à 51 %, mais les développeurs ont corrigé les failles à chaque fois et ont sauvé BTG.
Une attaque à 51 % consiste pour un groupe de mineurs à contrôler plus de la moitié de la puissance de calcul du réseau. Cela leur permet d’empêcher les autres de valider des blocs, de réaliser des doubles dépenses, d’accaparer toutes les récompenses et commissions, de bloquer les confirmations de transactions, et de provoquer des forks majeurs.
Bitcoin Diamond (BCD)
Un autre fork de BTC est apparu en novembre 2017. Son objectif principal était d’accroître la confidentialité et de réduire les coûts de transaction. Il utilise l’algorithme SHA-256, et l’offre totale de tokens a été multipliée par dix. De plus, la taille des blocs a été portée à 8 Mo pour traiter davantage de transactions.
L’algorithme SHA-256 est un algorithme de hachage cryptographique utilisé pour chiffrer les données. Il permet de transformer n’importe quelle quantité d’informations en une sortie de 256 bits, c’est-à-dire en un hash unique et unidirectionnel impossible à reconstituer.
Autres forks de Bitcoin
Il existe de nombreux autres forks et clones de Bitcoin, tous visant à améliorer la version originale. Cependant, ils n’ont pas rencontré de succès, en raison de leur faible popularité et capitalisation. Parmi ces projets : Bitcoin Atom, Bitcoin Interest, Bitcoin Private, Lightning Bitcoin, BitcoinX, United Bitcoin, Super Bitcoin, etc.
Les soft forks les plus populaires de Bitcoin
Les soft forks sont également courants sur Bitcoin. Mais un seul mérite d’être cité.
Segwit (Segregated Witness)
Il s’agit d’une mise à jour du protocole Bitcoin visant à corriger les problèmes de malléabilité des transactions.
La malléabilité des transactions est la capacité d’une transaction à avoir plusieurs identifiants valides (txids). Elle survient lorsqu’une partie d’une transaction peut être modifiée après signature sans invalider cette dernière.
Pour résoudre ce problème, une mise à jour a été proposée afin de déplacer les signatures des transactions en dehors du bloc principal. Cela a permis d’alléger les blocs et de corriger la malléabilité, car les signatures n’influençaient plus les identifiants de hash.
La limite de taille des blocs a également été augmentée, ce qui a permis d’inclure plus de transactions dans chaque bloc. La capacité du réseau a ainsi doublé. Les transactions ont été confirmées plus rapidement et les frais ont diminué.
Idée reçue : ce qui n’est pas un fork de Bitcoin
Sur Internet, même sur Wikipédia, on trouve la définition de Litecoin comme fork de Bitcoin. Ce n’est pas exact. Le fait que Litecoin ait été créé sur la base de la même technologie ne signifie pas qu’il s’agit d’un fork. Litecoin dispose de sa propre blockchain et constitue une crypto indépendante. Ce n’est donc pas un fork, car un fork est une branche d’une blockchain existante.
La même confusion concerne d’autres projets basés sur la technologie du réseau Bitcoin : Namecoin, Primecoin, etc.