Tangem est-il sûr ? Audits indépendants et certifications de sécurité

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Rukkayah Jigam
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La réponse courte est oui. Mais un « oui » sans preuve n’est qu’un argument commercial, et la sécurité mérite mieux. Cet article détaille les preuves concrètes : ce qu’exige la sécurité d’un hardware wallet, la certification du chip Tangem, les cabinets indépendants qui l’ont audité et leurs conclusions, ainsi que les risques réels qui subsistent, car aucun wallet n’élimine tous les risques.

Ce que « sûr » signifie pour un hardware wallet

La crypto est un actif au porteur : celui qui détient la clé privée contrôle les fonds, point final. Il n’y a ni banque à appeler, ni réinitialisation de mot de passe, ni service antifraude. La question « Ce wallet est-il sûr ? » en cache donc deux : la clé privée peut-elle être extraite par un attaquant ? L’utilisateur peut-il perdre l’accès par erreur ?

 

Un hardware wallet répond à la première question en gardant la clé privée hors ligne, à l’intérieur d’une puce de sécurité dédiée, sans jamais la transférer sur un appareil connecté à Internet. L’application transmet les données de transaction non signées à l’appareil ; celui-ci signe en interne ; la transaction signée est renvoyée à l’application pour diffusion. La clé privée ne quitte jamais la puce.

 

C’est crucial, car les wallets en ligne stockent les clés sur des appareils connectés, exposant ainsi aux hacks, phishing, malwares et défaillances de plateforme. Au premier semestre 2024, environ 1,38 milliard $ ont été volés via des attaques crypto, soit près du double de la même période en 2023. Une étude de 2025 fait état d’un taux d’incident inférieur à 5 % pour les wallets sécurisés par hardware, contre plus de 15 % pour les wallets logiciels seuls. La sécurité matérielle n’est pas théorique : les chiffres le prouvent.

Un hardware wallet est « sûr » si…

Cinq critères déterminent si un hardware wallet mérite vraiment ce qualificatif.

Critère de sécuritéCe qu’il exige
La clé privée ne peut pas être extraiteIsolement matériel, pas seulement logiciel
Intégrité de la chaîne d’approvisionnement vérifiéeAttestation cryptographique avant usage
Sécurité auditée indépendammentAudit par un tiers crédible, pas d’auto-certification
Immunité aux attaques à distanceClé jamais exposée à Internet, stockage hors ligne
Historique éprouvéAucune faille de sécurité documentée à grande échelle

Tangem répond à ces cinq critères. Voici les preuves.

Ce que cela implique

Le principe du cold storage est simple : la clé privée ne touche jamais Internet. Ce n’est pas un simple réglage logiciel, mais une contrainte d’architecture. Le processus de signature se déroule ainsi : l’application prépare la transaction non signée, l’utilisateur approche la carte, la puce sécurisée signe en interne, puis l’application diffuse le résultat signé vers la blockchain. À aucun moment la clé privée ne quitte la puce ni n’atteint un environnement connecté.

 

Par exemple, si vous envoyez 100 USDT depuis Tangem vers un autre wallet, l’application prépare la transaction, la carte la signe en interne, et seul le résultat signé revient sur le téléphone. Le cold storage protège aussi structurellement contre le phishing et les malwares. Même si un lien malveillant est cliqué sur le téléphone, les fonds restent inaccessibles : l’attaquant ne peut pas atteindre la clé. Pas de connexion, pas de compromission.

 

L’auto-conservation donne à l’utilisateur le contrôle total : aucune plateforme ne détient les clés, ne peut geler le compte, faire faillite ou subir une saisie réglementaire. Ce contrôle est l’objectif même du cold storage.

Qu’est-ce que EAL6+ ?

EAL6+ signifie « Evaluation Assurance Level 6+ », un niveau de certification du cadre Common Criteria (ISO/IEC 15408). Common Criteria est la norme internationale de référence pour l’évaluation indépendante de la sécurité IT.

 

EAL6 correspond à un produit « conçu et testé de façon semi-formelle », destiné à protéger des actifs de grande valeur contre des risques élevés. Le « + » indique que l’évaluation a inclus des exigences supplémentaires au-delà du socle EAL6. EAL7 est le niveau le plus élevé, mais EAL6 et EAL6+ représentent le sommet pratique pour les produits complexes. Les exigences d’EAL7 sont rarement atteignables hors cas très spécialisés. Les puces certifiées EAL6+ sont utilisées dans les passeports biométriques et cartes de paiement internationales.

 

Puce Tangem : la Samsung S3D350A secure element, certifiée EAL6+ selon Common Criteria. La documentation Tangem précise qu’il s’agit du même niveau de sécurité que pour les passeports biométriques et cartes de paiement, développé avec Samsung Semiconductor, sans backdoor.

 

La clé privée est générée sur la puce à l’activation et ne quitte jamais la carte. Elle ne peut pas être extraite ni dupliquée, même avec accès physique. Toutes les signatures cryptographiques sont réalisées sur la puce. Celle-ci intègre plusieurs capteurs anti-effraction : laser, température, lumière, alimentation. Selon l’architecture Tangem, toute attaque physique déclenche une défaillance de la puce avant extraction. Le firmware est installé en usine, non modifiable. Ce choix élimine le risque d’attaque via mise à jour malveillante.

Pourquoi la plupart des hardware wallets n’ont pas EAL6+

La certification EAL6+ exige un design et une évaluation bien plus complexes que les niveaux inférieurs. L’audit Common Criteria implique des laboratoires indépendants accrédités, et chaque niveau augmente fortement les coûts et délais de développement. Beaucoup de fabricants s’arrêtent à EAL5+, déjà reconnu comme très solide pour le cold storage.

 

Cela implique aussi des compromis fonctionnels : le profil strict d’EAL6+ limite l’usage et la mise à jour de la puce, si bien que certains privilégient la flexibilité plutôt que de viser EAL6+. Voici où se situent les principaux concurrents : Ledger Nano X utilise un secure element ST33 certifié EAL5+. Les modèles Nano S Plus et Stax de Ledger utilisent des puces EAL6+. La certification EAL6+ de Tangem pour la Samsung S3D350A s’applique à toute la gamme, pas seulement au haut de gamme.

Que signifient ces audits ?

La certification détermine la résistance de la puce ; les audits vérifient l’intégrité du firmware et des protocoles utilisés.

 

  • Kudelski Security est un cabinet mondial spécialisé dans la sécurité embarquée et les protocoles cryptographiques. En 2018, Kudelski a audité le firmware des cartes Tangem et n’a trouvé aucune faille.

     

  • Riscure est spécialisé dans les tests matériels, notamment l’analyse par canaux auxiliaires et les attaques par injection de fautes. En 2023, Riscure a évalué la sécurité matérielle du Tangem Wallet et confirmé l’absence de vulnérabilités.

C’est la différence entre « nous affirmons être sûrs » et « des tiers crédibles nous ont testés et ont publié les résultats ».

 

L’application Tangem pour iOS et Android est aussi open source sur GitHub, permettant un audit communautaire indépendant de la couche logicielle. Le firmware audité garantit l’intégrité logicielle ; le secure element protège contre l’effraction physique et les attaques par canaux auxiliaires. Ce sont deux couches distinctes, toutes deux couvertes par Tangem. L’architecture de sécurité intègre aussi un bug bounty permanent pour la divulgation responsable.

 

L’historique le prouve : Tangem a produit plus de 8 millions d’appareils depuis 2018 et affiche un bilan sans hack : aucun piratage ni perte de fonds utilisateur signalés à ce jour.

Comment les cartes Tangem prouvent leur authenticité

Tangem vérifie aussi la carte avant toute utilisation. Chaque carte possède sa propre paire de clés pour l’authentification. Lors de la première utilisation, l’application contrôle l’authenticité de la carte et du firmware avant toute opération. L’objectif est simple : une contrefaçon doit échouer à la vérification avant tout dépôt.

 

C’est essentiel, car la confiance dans la chaîne d’approvisionnement fait partie intégrante de la sécurité. Une puce sécurisée n’a de valeur que si l’utilisateur peut vérifier que la carte est authentique. Le processus anti-contrefaçon de Tangem permet à l’application de s’en assurer avant que la carte ne protège de vrais fonds.

Ce que Tangem NE PEUT PAS empêcher

L’honnêteté est essentielle dans un discours de sécurité crédible.

  • Physical coercion. Si quelqu’un vous force à utiliser votre carte et à saisir votre code, il accède à vos fonds. Aucun hardware wallet ne protège contre cela : c’est un risque utilisateur, pas une faille matérielle.
  • Lost cards with no backup. Par défaut, Tangem propose un modèle sans seed phrase : 2 ou 3 cartes partagent la même clé privée, chacune donnant accès au wallet. Si toutes les cartes sont perdues et qu’aucune phrase de récupération n’a été créée, l’accès est définitivement perdu. Tangem ne peut pas récupérer les fonds dans ce cas : perdre toutes les cartes sans seed phrase rend les fonds irrécupérables.
  • User error on addresses. Les wallets matériels affichent l’adresse de destination avant signature, mais ne peuvent empêcher l’utilisateur de valider une mauvaise adresse. Un envoi vers une adresse incorrecte est irréversible sur la plupart des blockchains.
  • Weak access codes. Le code d’accès Tangem doit comporter au moins 6 caractères, avec délais progressifs après 6 échecs. Mais un code simple comme « 123456 » protège peu si quelqu’un obtient votre carte. L’architecture est robuste ; le code d’accès n’est aussi fort que l’utilisateur le choisit.
  • No desktop or web interface. Tangem fonctionne uniquement sur mobile. Il n’existe pas de version desktop ou web. Pour ceux qui préfèrent l’ordinateur, c’est une vraie limite.

Ces risques relèvent de l’utilisateur. Le bilan matériel de Tangem est irréprochable.

L’honnêteté, au cœur d’une sécurité digne de confiance

L’auto-conservation élimine le risque de contrepartie mais transfère la responsabilité à l’utilisateur. Si la clé est perdue, aucun service de récupération n’existe. C’est le compromis : contrôle total contre responsabilité totale.

 

L’architecture sans seed phrase de Tangem supprime ce point de défaillance unique. Les échecs classiques liés à la phrase de récupération incluent la perte ou la détérioration du support papier, le piratage du stockage numérique, ou l’oubli de l’emplacement. Avec le modèle multi-cartes Tangem, la sauvegarde, ce sont les cartes elles-mêmes, stockées séparément, chacune donnant un accès complet.

 

La règle reste : garder une petite somme sur un hot wallet pour les dépenses courantes, et placer le reste en cold storage. Une compromission du hot wallet ne doit pas affecter l’épargne à long terme. Les bonnes pratiques incluent : tester la récupération avant d’y stocker des montants importants, conserver au moins 2 copies dans des lieux distincts, et ne jamais stocker de clé privée ou code d’accès au format numérique.

Conclusion

La sécurité de Tangem est documentée, pas simplement affirmée. Le secure element Samsung S3D350A est certifié EAL6+ selon Common Criteria. Les audits indépendants de Kudelski Security (2018), Riscure (2023) et Cure53 (2026) n’ont révélé aucune faille. Le firmware est installé en usine et non modifiable, éliminant les risques liés aux mises à jour malveillantes. Plus de 3 millions d’appareils déployés sans hack signalé.

 

Les vrais risques sont côté utilisateur : perte de toutes les cartes de sauvegarde, code d’accès faible, ou validation d’une mauvaise adresse. La sécurité matérielle protège le hardware ; le reste dépend de vous. Si vous comparez les hardware wallets, les preuves Tangem sont concrètes, vérifiables et sourcées.

FAQ

  • Oui. Tangem utilise la puce Samsung S3D350A certifiée EAL6+ selon Common Criteria, et a été audité par Kudelski Security (2018), Riscure (2023) et Cure53 (2026). Aucun piratage ni perte de fonds utilisateur n’a été signalé sur plus de 3 millions d’appareils déployés. La clé privée est générée sur la puce et ne quitte jamais la carte.

  • Aucun piratage ni perte de fonds utilisateur n’a été signalé. Les audits de sécurité indépendants de Kudelski en 2018 et Riscure en 2023 ont confirmé l’absence de vulnérabilités. Tangem maintient également un bug bounty permanent pour la divulgation responsable.

  • EAL6+ est un niveau de certification du cadre Common Criteria (ISO/IEC 15408), la norme internationale d’évaluation indépendante de la sécurité IT. Il indique que la puce a été testée contre des scénarios d’attaque avancés avec une documentation et des tests poussés. Ce standard s’applique aussi aux passeports biométriques et cartes gouvernementales de l’UE. La puce Samsung S3D350A de Tangem détient cette certification.

  • Non. Votre clé privée est générée sur la puce lors de l’activation et ne quitte jamais la carte Tangem. Tangem n’a aucun accès à vos clés privées. Même si l’entreprise disparaissait, vos fonds resteraient accessibles : les clés privées sont sur vos cartes, qui fonctionnent plus de 25 ans, et l’accès à la blockchain ne dépend pas de l’infrastructure Tangem.

  • Vos clés privées restent sur la carte, pas sur le téléphone. Installez l’application Tangem sur un nouveau téléphone, approchez votre carte, et l’accès est rétabli. L’application sert d’interface ; la carte est le wallet.

  • Chaque carte d’un set Tangem donne un accès complet au wallet. Les cartes sont interchangeables, sans hiérarchie. Perdre une carte n’affecte pas vos fonds tant qu’il en reste au moins une. Le risque est de tout perdre en même temps : Tangem recommande de stocker les cartes de sauvegarde dans des lieux séparés.

  • Non. Aucune inscription n’est requise, aucun KYC n’est nécessaire pour utiliser le wallet, Tangem ne collecte aucune donnée personnelle et les transactions vont directement sur la blockchain sans passer par les serveurs Tangem. Les adresses IP ne sont pas liées aux adresses de wallet.

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Auteur Rukkayah Jigam

Writer & editor covering digital assets and product updates.

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Examiné par Patrick Dike-Ndulue

Senior editor covering crypto, onchain equities, and technology.