Notre commentaire sur le dernier article de Ledger Donjon

LFI exige un décapsulage, une caractérisation et un réglage précis pour éviter de rendre la carte inutilisable. Ce n’est pas

Author logo
Andrey Kurennykh
Post image

Aujourd’hui, Ledger Donjon a publié un article sur notre wallet concernant le laser fault injection (LFI) : une attaque physique réalisée en laboratoire sur la puce. Nous l’avons examiné et souhaitons apporter davantage de contexte pour les utilisateurs qui cherchent à comprendre ce que cela signifie concrètement.

Que dit l’article ?

Les conclusions de Ledger Donjon portent sur la manière dont notre firmware réagit à un scénario précis lors d’attaques par laser fault injection. Pour citer Donjon, « cette attaque (LFI) n’est pas triviale. Elle exige d’importantes ressources, des coûts élevés, une expertise pointue et beaucoup de temps ».

Ils ont fourni une analyse détaillée des exigences spécifiques pour mener à bien cette attaque.

Concrètement, l’attaque nécessite :

  1. Physical access to one card. L’attaque est également invasive et donc visible sur la carte.
     
  2. Highly specialized laboratory resources. L’attaque repose sur un équipement de laser fault injection, des instruments de mesure side-channel et un environnement de laboratoire contrôlé.
     
  3. Carrying out the attack demands advanced knowledge of both software and hardware security, incluant la préparation de l’échantillon, l’analyse side-channel et l’injection de fautes laser sur un élément sécurisé certifié.
     
  4. An extensive period of time for the initial attack : installation du dispositif d’attaque, préparation de l’échantillon et caractérisation de la puce pour identifier l’emplacement spatial, le timing et les autres paramètres laser adéquats.

Des chercheurs académiques indépendants, qui ont étudié les LFI en profondeur, résument simplement : avec suffisamment de temps, de financement et d’accès, le firmware de n’importe quel élément sécurisé peut finir par être rétro‑ingéniéré et exploité.

No product on the market can claim absolute resistance to all forms of sophisticated physical attacks; this is an inherent limitation of the underlying technology rather than of any specific product or manufacturer. LFI attacks are not scalable, and for everyday users, the practical risk is virtually non-existent.

Probabilité de réussite

Selon Donjon, une extraction réussie exige de satisfaire simultanément trois contraintes indépendantes :

  1. Une précision spatiale jusqu’aux bons transistors sur la puce,
     
  2. Une précision temporelle dans une fenêtre très étroite lors de l’exécution d’une instruction,
     
  3. Des réglages paramétriques précis pour la puissance et l’impulsion du laser. 


Chaque contrainte est une probabilité, et ces probabilités se multiplient. Réussir les trois en même temps lors d’une seule démonstration ne constitue pas une méthode reproductible : chaque tentative risque de rendre la carte inutilisable, comme mentionné dans l’article.

La conclusion honnête est que la carte ne pourrait être compromise que par un opérateur de laboratoire hautement qualifié willing to destroy an unspecified number of cards pour caractériser la puce.
 

Tableau des risques

Nous avons résumé la chaîne d’événements nécessaire pour qu’une carte Tangem perdue aboutisse à un vol de fonds via LFI. 

 

Événement

Niveau de risque

1.

Perte d’une carte Tangem

Élevé

2.

Trouver un équipement ou un laboratoire adapté

Faible

3. 

Trouver des spécialistes qualifiés

Très faible

4. 

Finding the right lab and coercing qualified people to break into a lost/stolen card.

Almost impossible. It would be a criminal activity to do so.
 

 

 

Faisabilité de l’attaque

LFI exige déjà la possession physique de la carte, un laboratoire entièrement équipé, plusieurs semaines de travail qualifié et l’acceptation que la carte puisse être détruite lors de la tentative.

À cela s’ajoute le fait que les cartes Tangem ne portent aucune information permettant de les relier à un propriétaire ou à un solde. Il est impossible de savoir si la carte contient 50 $ ou 50 millions.

Cela rend le calcul de rentabilité impossible. Le coût de l’équipement seul est fixe et élevé (250 000 $ selon Donjon). Le gain potentiel est inconnu et peut être nul. Aucun attaquant rationnel ne tente une telle opération sur une carte aléatoire.

 

Ce que signifie réellement la sécurité en auto-conservation

En auto-conservation, il existe deux façons de perdre vos fonds : quelqu’un vous les vole, ou vous perdez l’accès. Les deux sont des échecs de sécurité, et tout bon modèle doit en tenir compte. Les wallets Tangem offrent le choix entre une configuration sans seed et une configuration avec seed. La majorité de nos utilisateurs choisissent l’option sans seed, et cela s’explique facilement.
 

Cette conception influence aussi la façon dont notre firmware gère les alertes d’injection de fautes. Un wallet basé sur une seed peut se permettre de détruire les clés dès le moindre soupçon d’attaque matérielle, puisque l’utilisateur possède toujours sa phrase de récupération. Dans une architecture sans seed, cette même réaction risquerait de bloquer l’utilisateur hors de ses fonds en cas de fausse alerte rare du capteur.

 

Notre firmware est conçu pour protéger contre les menaces qui ont causé des pertes réelles. L’exposition de la phrase de récupération a coûté des milliards aux utilisateurs. Selon l’étude River Financial 2025, plus de 1,6 million de BTC (129,6 milliards $) ont été perdus à cause d’erreurs de gestion en auto-conservation, rien que pour le Bitcoin. À ce jour, aucune perte réelle n’a été recensée suite à une attaque par laser fault injection sur un hardware wallet.
 

Les menaces qui comptent vraiment

Nous nous concentrons sur les vecteurs d’attaque qui mettent réellement en danger les actifs des utilisateurs au quotidien.

  • Une interface peu claire qui provoque des erreurs de manipulation ;
  • Des dApps malveillantes ;
  • Des smart contracts frauduleux déguisés en versions légitimes ;

Ce sont ces menaces qui vident effectivement les wallets, pas les attaques de laboratoire nécessitant possession physique et équipement spécialisé.
 

En 2010, le chercheur Christopher Tarnovsky a compromis la puce Infineon SLE 66 CL PE, certifiée EAL4+, utilisée dans des centaines de millions de cartes bancaires, documents d’identité et cartes SIM à travers le monde. L’attaque a été publiée, largement relayée, et reste une référence dans la recherche en sécurité matérielle. Aucun utilisateur n’a perdu de fonds, aucun vol d’identité n’a été signalé. L’écart entre une attaque réussie en laboratoire et un préjudice réel pour les utilisateurs est immense.
 

La position de Tangem

Notre produit est pleinement sécurisé face aux scénarios d’attaque réels, et cet article ne remet pas cela en cause.

Nous restons concentrés sur la protection de nos utilisateurs contre les menaces qui mettent réellement leurs actifs en danger, et ce travail se poursuit chaque jour.

Nous maintenons également un programme de bug bounty, ouvert à tous, qu’ils soient affiliés à Ledger ou non. Si vous découvrez une faille, nous voulons le savoir.

Author logo
Auteur Andrey Kurennykh

Co-founder at Tangem.

Author logo
Examiné par Tangem team

We are a team of Tangem Wallet users dedicated to simplifying self-custody for everyone.